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vendredi 1 novembre 2013

Absolument dé-bor-dée!!

Un petit passage express pour te rassurer: je n'ai pas déserté le blog... J'ai juste 50 000 trucs sur le feu en ce moment...

J'ai un nouveau job à 70 km de chez moi et je fais les allers/retours tous les jours :) oui oui...
"Tu te sentiras utile" qu'ils disaient... "Tu auras du pouvoir d'achat" qu'ils disaient...

On a relancé notre projet d'achat de maison avec mon homme. Du coup, on commence à prospecter, visiter... Le hic, c'est qu'on cherche près de l'endroit où je travaille donc c'est tout de suite plus difficile...
On a toujours notre petite troupe à gérer et ça prend du temps... Notamment la chienne et la jument... Eh oui avec l'hiver qui arrive, l'entretien de Yoyo me prend un peu plus de temps... 

Bon donc pour ce petit passage rapide, j'ai simplement décidé de te faire un topo de ma routine "hiver" au niveau des soins qui permettent de mieux préparer et passer la saison froide.
Le truc important à savoir c'est qu'il faut penser "global"... L'hiver, ça s'anticipe... et pas 1 mois avant hein je te parle de vraie anticipation: la saison froide ça se prépare... dès la saison chaude! 

Dans la nature, le cheval évolue selon un cycle précis: 
- printemps: le cheval récupère de la saison froide; il profite de la nourriture riche et abondante pour récupérer le poids qu'il avait perdu;
- été: les terrains s'appauvrissent en raison de la sécheresse; le cheval maigrit légèrement; il atteint son "juste poids";
- automne: les pluies abondantes conjuguées aux belles éclaircies permettent à l'herbe de repousser; toutefois, elle reste moins riche que l'herbe de printemps; le cheval va regrossir légèrement, "faire du gras" pour préparer la saison froide;
- hiver: l'accès à l'herbe devient difficile; le cheval puise dans ses ressources pour lutter contre le froid (première dépense calorique); il maigrit énormément.
Paré pour l'hiver Chef!!!

Pour la suite des explications, je vais prendre l'exemple du cheval qui vit au pré à l'année parce que le cheval au box est par définition moins soumis aux variations climatiques (ce qui n'est pas forcément la meilleure des choses mais bon c'est un autre débat...).

Voila donc mon petit planning...

Printemps (Mars à Mai):
- Faire un drainage hépato-rénal (à commencer 2 ou 3 jours avant le vermifuge de Mars et à administrer sur une durée totale de 20 jours) afin de détoxifier l'organisme des impuretés et surcharges liées à la nourriture à base de céréales de l'hiver.
- Faire une cure d'orties séchées sur Avril pendant 15 à 20 jours: l'ortie a des vertus de drainage, facilite l'élimination et est riche en minéraux.
- Diminuer progressivement les rations de céréales (sur Mars) et de foin (sur Avril) pour rester à l'herbe uniquement en Mai (à adapter suivant le cheval et le terrain).
- Parer très régulièrement les pieds qui poussent vite au printemps et en été.
- Appliquer du vinaigre de cidre sur les pieds régulièrement lors des épisodes de pluie.

Eté (Juin à Août):
- Faire une cure d'ail sur Juin et Juillet (ajouter de l'ail dans la ration du 15 Juin au 30 Juin; pause du 1er Juillet au 14 Juillet; ail du 15 Juillet au 31 Juillet) pour faciliter la circulation sanguine (particulièrement intéressant pour les chevaux qui ont tendance à avoir des petits soucis de pieds).
- Hydrater régulièrement les pieds: si possible fournir un accès à un point d'eau naturel, le cheval y met volontiers les pieds; sinon il faut les doucher régulièrement...
- Limiter le vinaigre de cidre sur les pieds qui a un effet desséchant. 
- Reprendre doucement le foin et/ou les céréales, suivant le temps/le cheval/le pré.

Automne (Septembre à Novembre):
- Reprendre un complément en foin (Septembre) et en céréales (Octobre ou Novembre).
- Curer quotidiennement les pieds. Appliquer du vinaigre de cidre en prévision des épisodes de pluie. Utiliser du Field-Past (argile verte) lorsque les pluies durent vraiment plusieurs jours/sont abondantes ou que le terrain est boueux.
- Appliquer de la vaseline souffrée sur les débuts de gale de boue éventuels.
- Faire un drainage hépato-rénal (à commencer 2 ou 3 jours avant le vermifuge de Septembre et à administrer sur une durée totale de 20 jours) afin de détoxifier l'organisme des impuretés liées à l'herbe riche de printemps.
- Faire une cure d'algues (de mi-Octobre à mi-Février) riches en vitamines et minéraux. Elles complètent bien les rations de céréales.

Hiver (Décembre à Février):
- Appliquer de la vaseline en prévention dans le creux des pâturons.
- Appliquer du Field-Past et du vinaigre de cidre tous les 2 jours sur les pieds. Si on a un début de pourriture de fourchettes, appliquer de la bouillie bordelaise mélangée à de la vaseline un jour sur deux en alternance avec le Field-Past + produit bleu de Décathlon.
- Appliquer de la vaseline souffrée sur les débuts de gale de boue éventuels.
- Faire des cures de maïs aplati en alternance avec des granulés de luzerne déshydratée. En cas de perte de poids, faire une cure de fenugrec.

Niveau parage, pour limiter les dégâts liés à l'humidité et à la boue, penser à parer avec des talons très bas (chercher la sole vive dans le seat of corn - la zone de sole située entre les talons et les barres - pour trouver la hauteur des talons) et maintenir une fourchette bien propre en dégageant fortement les lacunes surtout la lacune centrale (ne pas hésiter à bien la "creuser" pour éviter la prolifération des bactéries). C'est valable pour toute l'année mais à plus forte raison en hiver.

Voila avec tout ça normalement, tu es paré pour l'hiver Lecteur :) Attention j'ai pas la prétention de dire que je fais tout bien comme il faut mais bon ça réussit plutôt bien à ma louloute pour le moment donc c'est quand même que je dois pas être trop mauvaise en gestion hivernale ;)...

mardi 17 septembre 2013

Compléments alimentaires, vermifuges et cures diverses

J'ai déjà abordé il y a quelques temps la problématique de l'établissement d'une ration adaptée au cheval. Mais au delà de la simple ration de compléments, il y a un autre élément qui peut être intéressant en matière de gestion de l'alimentation et de la santé équine: les cures et compléments alimentaires. Je suis vraiment convaincue des bienfaits de certaines cures pour les avoir testées. Néanmoins, je reste persuadée qu'elles ne sont efficaces qu'utilisées à bon escient. Deux données importantes à prendre en compte avant d'administrer une cure:
- quel est l'objectif de la cure?
- à quel moment vais-je l'administrer?

Et oui... parce que si c'est pour donner n'importe quoi n'importe quand, c'est pas la peine... Ca marchera pas (ou mal). Rassure-toi Lecteur, je suis teeeeeeeellement sympa que je t'ai préparé un petit tableau récapitulatif des principales cures que je connais (je t'ai même indiqué celles que j'ai testées et l'efficacité que je leur ai trouvé)...

Bon j'ai pas repris l'ensemble des cures qui existe, juste celles que je connais un peu mieux. J'aurai pu parler de l'harpagophytum mais comme je ne maîtrise pas le produit du tout, je préfère m'abstenir plutôt que d'écrire des bêtises plus grosses que moi :).

J'utilise principalement trois cures:
- anti-insectes pour l'été;
- drainage hépato-rénal en automne et au printemps;
- vitamines et oligo-éléments en hiver.

Pour l'anti-insectes, je fais des cures d'ail. C'est pas parfait mais ça soulage un peu.
Le drainage hépato-rénal, j'utilisais beaucoup les orties passé un temps mais comme Zou² me fait pas mal de gale de boue depuis 1 an et demi, je reviens au drainage Hilton Herbs sous forme liquide qui est assimilé plus rapidement par l'organisme. Théoriquement, on est sensé faire un drainage hépatique (le foie donc) en septembre, au moment du vermifuge d'automne et un drainage rénal (les reins) en mars avec le vermifuge de printemps. Pour ma part, je fais un hépato-rénal avec le même produit en septembre et en mars, tout simplement par soucis d'économie, parce que les produits ne se gardent pas forcément d'une année sur l'autre et que ma jument est pas non plus soumise à une alimentation et un mode de vie totalement anarchique... Certaines personnes font le drainage hépato-rénal en hiver. Pour ma part, je ne préfère pas pour la simple et bonne raison que le foie et les reins ont besoin d'être un peu "chargés" en hiver pour tenir le froid. Drainer, c'est "purifier" l'organisme, c'est dégager le foie, les reins, le système digestif d'une grande partie des toxines. Or, un certain degré de "toxines" peut être bénéfique en hiver pour surchauffer légèrement l'organisme (utile pour le cheval au pré donc).
Et enfin pour les vitamines, je fais ça tout l'hiver à partir des grosses mues. Jusqu'à présent j'utilisais les vitamines en granules de Décathlon mais cette année, je tente les algues marines, moins cher et plus "transparent" niveau composition... Pour les compléments en granules, je préfère faire sous forme de cures rapprochées (je faisais 1 mois de cure // 1 semaine sans et rebelotte). Pour les algues, je pense complémenter à partir de mi-octobre, le sac dure 4 mois, ça fera terminer à la mi-février. Ca permettra de diminuer gentiment les rations progressivement pour amorcer le printemps.

J'ai donc passé commande auprès d'une connaissance Facebook qui tient un site de vente en ligne spécialisé en produits "naturels", Autourdesplantes.com. J'ai commandé le fameux drainage Hilton Herbs et les algues (sac de 2 kg). Reçu super vite, en quelques jours à peine avec en bonus un échantillon d'un"gel" spécial tendons Hilton Herbs. Sympa pour découvrir d'autres produits de la marque (que perso je connais plus pour ses compléments alimentaires que pour ses produits de soin à proprement parler).

Hmmmm sinon, on est en pleine rééducation à la seringue de vermifuge... Encore un gros chantier d'éducation prioritaire qui traîne depuis des mois voir des années (mère indigne, je sais...). Toujours est-il que par flemme (et pas envie de me battre avec ma grosse bête), je lui administre ses vermifuges au moyen de stratagèmes qui dépassent parfois l'entendement... Et on en arrive à un point où on a un peu fait le tour de tout ce qui se fait en matière de stratégie de vermifugation et force est de constater que Yoyo 1 - Camille 0... Elle fait très bien la différence entre la carotte piégée et celle qui ne l'est pas ou encore entre la ration à laquelle j'ai gentiment ajouté la pâte tant redoutée et celle où je ne lui ai pas fait de blague de ce genre... Bref, ça ne pouvait plus durer alors j'ai pris le problème à bras le corps et depuis 3 jours, je lui administre chaque jour 3 seringues de jus de pommes façon "vermifuge style" en prévision du vermifuge de samedi... Pour le moment, ça coince encore un peu mais on progresse à petits pas... Le jour venu, je pense lui coller 2 seringues de jus de pommes, seringue de vermifuge, 2 seringues de jus de pommes et continuer pendant quelques jours après à lui donner du jus de pommes en seringue... Vivement le jour béni où elle sera chez nous et que je pourrais (enfin!) mettre en place une vermifugation sur coprocultures pour pouvoir limiter le nombre de vermifuges et surtout savoir quoi donner à quel moment... 

mercredi 7 août 2013

Gros bobo n°127544862325100... Aaaaaah ces chevaux sont en carton c'est pas possible!!!

Comme je te le disais dans l'article précédent, en ce moment, il fait beau et tout et... je ne peux pas monter!! Eh oui, pile au moment où on commençait à reprendre le boulot sérieusement, Yoyo s'est encore une fois fait un bobo dont elle seule à le secret... 
Philosophie Yoyo quoi...

Attends je te récapitule un peu l'historique depuis que j'ai la joie (et le stress!!) d'être propriétaire de Zou²:
- hiver 2009/2010: gale de boue et dermatophilose
- été 2010: photosensibilisation
- printemps 2011: déchirure sur le jarret au postérieur gauche (merci le barbelé du pré!!)
- automne 2011: début de la pourriture de fourchette
- toujours automne 2011: grosse déchirure au grasset du postérieur gauche (sûrement une branche qui s'est plantée dans la cuisse)
- hiver 2011/2012: légère dermatophilose
- printemps 2012: gros scalp sur le postérieur droit (inexpliqué...)
- été 2012: aggravation de la pourriture de fourchette (alors qu'elle était suivie par une pareuse pro)
- hiver 2012/2013: grosse gale de boue
- printemps 2013: plein de petites atteintes diverses
- été 2013: grosse démangeaison sur le front (inexpliquée aussi)
- toujours été 2013: "cloque" sous le menton, molle et pas douloureuse (inexpliquée toujours)

On en arrive à ce dernier bobo: un abcès à l'antérieur gauche. C'est sorti en glome. Le plus surprenant c'est qu'il n'y a eu AUCUN symptôme! Mais quand je dis aucun, c'est aucun. Pas de chaleur, pas de douleur, pas de gonflement, aucune boiterie, aucune sensibilité... Pourtant c'est pas comme si je m'occupais pas de ses pieds... Je pare hyper régulièrement, je cure et traite si besoin les pieds tous les jours... Je vérifie le pouls digité, la chaleur des pieds tous les jours aussi... Et là, surprise! Une petite croûte sur le glome... Je soulève doucement la peau, et là j'ai compris que c'était un abcès qui avait percé. Bon c'était hyper propre, pas profond, pas odorant et pas suintant donc on a juste bien lavé au sérum phy et gavé en bétadine gel.
Ca fait rêver...

J'ai trouvé un article bien intéressant sur les abcès au pied. C'est sur le site de l'Institut Européen de Physiologie Equine. Deux passages m'ont particulièrement intéressée:

"On admet en général que l’abcès de sabot est une infection liée à la pénétration de bactéries à l’intérieur du sabot. Celles-ci passeraient via la ligne blanche élargie ou les trous des clous de fer dans le sabot. (...) Dans 99% des cas cependant, l’origine est en fait très différente : ce sont des  abcès aseptiques, qui se  forment à partir de l’intérieur même du sabot, qu’il soit ferré ou non, mais qui est contracté et dont le mécanisme ne fonctionne pas. De nombreux chevaux se déplacent pendant des années sans aucune difficulté dans cette situation de contraction, car aussi longtemps que le sang n’atteint pas la zone contusionnée, le problème reste dissimulé.
Pendant cette période, une partie du chorion du sabot, ce tissu hautement spécialisé et très vascularisé qui assure la suspension de la 3ème phalange à l’intérieur de la boîte cornée, se retrouve coupé de la circulation sanguine. Il dégénère rapidement, on dit qu’il « nécrose ». Le sabot est alors certes malade, mais le cheval peut vivre sans douleur avec ces nécroses jusqu’à ce que la zone concernée soit de nouveau vascularisée.
Le retour de la circulation sanguine survient par exemple après le déferrage ou après un parage correct du sabot, ce dernier s’élargissant alors comme c’est prévu par la nature.
Elle peut également revenir sur un sabot nu qui n’aurait pas eu assez d’usure et qui finit par briser spontanément un excès de corne, ou à la suite d’une forte contusion sur le sabot provoquant une importante lésion structurelle du chorion.
Une raison très fréquente est aussi la variation d’humidité, c’est à dire quand après une longue période de sécheresse le sabot reçoit de nouveau beaucoup d’humidité et récupère ainsi son élasticité, ce qui permet l’élargissement physiologique du pied. La vascularisation est alors à son tour relancée et apporte de nouveau du sang dans des zones auparavant non vascularisées."

"La formation d’une boule de pus et son temps de maturation se passent avec un timing précis. Si l’on ouvre un abcès douloureux avant sa maturation, le tissu nécrosé n’est pas encore suffisamment liquéfié par le pus et ne peut s’écouler par l’ouverture de la poche, il y a donc souvent formation d’une nouvelle poche. Parallèlement la réparation du tissu abîmé n’est pas encore terminée, et le risque d’infection augmente. Une intervention à l’aide d’un scalpel ou d’une rainette provoque souvent une blessure supplémentaire que l’on accompagne en général d’un traitement antalgique et anti-inflammatoire, qui se retrouve être contreproductif pour le processus de guérison car il ralentit le métabolisme. (...) Si l’on laisse faire la nature, nous pouvons être sûrs que l’abcès arrivera à maturation en deux semaines environ, percera de lui-même, et qu’une nouvelle couche de chorion ainsi qu’une nouvelle corne solaire se seront déjà formées. Dès que l’abcès est ouvert, la pression et la douleur disparaissent, de même que la boiterie. Quand on enlève la vieille corne après que l’abcès ait percé spontanément, on trouve en règle générale une nouvelle corne encore molle qui protège déjà les structures internes du  sabot. Il n’y a alors pas besoin d’appliquer de désinfectant car la réparation s’est déjà effectuée en milieu clos et aseptique."

J'ai trouvé ces explications très claires et logiques. Deux constats à partir de tout ça:
- c'est peut-être un mal pour un bien que je n'ai pas vu l'abcès car il a percé tranquillement une fois que les structures internes étaient prêtes... Ce qui explique que ça ait l'air de guérir vite.
- je pense avoir compris la cause de cet abcès: mon dernier parage remonte à 15 jours et j'ai traité ce pied comme un pied sain et non comme un pied pathologique (ce que je faisais avant car il était très touché par la pourriture de fourchette. J'ai sans doute permis un fonctionnement plus sain du pied, ce qui a entrainé une revascularisation des tissus et a éliminé les tissus abimés par la pourriture de fourchette.

Bon avec tout ça, Zou² est en arrêt maladie pour quelques jours mais vu comme ça évolue je pense que ça ne va pas durer très longtemps...