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jeudi 18 juillet 2013

Petit guide de survie dans la jungle des huiles essentielles

Aaaaaah les huiles essentielles... Ces liquides magiques sensées venir à bout de tous les maux de la terre de manière naturelle... Depuis quelques années, c'est devenu une véritable mode et le monde du cheval n'y a pas échappé. Qui aujourd'hui n'a pas réalisé sa petite tambouille à base d'huiles essentielles? Que ce soit simplement rajouter quelques gouttes dans un produit existant pour en décupler les effets ou créer sa solution de A à Z, tout le monde ou presque a déjà eu recours aux fameuses huiles essentielles.

Tiens Lecteur... Je parie que dans ton esprit, il se passe la même chose que dans celui de la plupart des gens:

huile essentielle = produit naturel = produit doux et sans danger

...


Et oui Lecteur... Faire cet amalgame, c'est juste prendre des risques un peu débiles (dans le cas qui nous intéresse, ça pourra aller de la simple rougeur sur la peau à la brûlure pure et simple ou à l'explosion en règle des muqueuses). C'est pas parce que c'est naturel que c'est sans danger... Pour mémoire, quand on dit de quelque chose qu'il est "naturel" c'est simplement qu'il est issu de la "nature". Je te donne un exemple simple pour illustrer ce que je te dis:


Ce champignon est pourtant tout ce qu'il y a de plus naturel...

Convaincu? ... Bien.

Loin de moi l'idée de te dire d'arrêter d'utiliser les huiles essentielles... Au contraire, j'en suis une fervente utilisatrice convaincue de leurs bienfaits. Ce que j'essaie de faire, c'est de t'appeler à la prudence, te faire réaliser que jouer à Harry Potter en première année à Poudlard, c'est faire prendre un risque à ton cheval...
N'insiste pas, je t'ai dit que c'était dangereux...

Alors oui, je t'entends d'ici me dire que la super recette de spray anti-mouches aux huiles essentielles tu l'as trouvée sur Internet, testée et approuvée par une autre personne... Ok. T'es-tu déjà demandé, Lecteur, comment ça marche une huile essentielle et surtout POURQUOI c'est efficace? Eh bien tout simplement parce que les huiles essentielles sont des formules concentrées d'extraits de plantes (je simplifie, si tu veux en savoir plus, Wikipedia t'éclairera mieux que moi qui ai un niveau de chimie proche de celui d'un enfant de 3 ans qui essaierait de mélanger de l'huile dans de l'eau)... CON-CEN-TREES. Surpuissantes quoi. C'est un concentré des molécules actives de la plante. C'est pour ça qu'une huile essentielle ne s'utilise jamais à la légère. Quand je vois les mélanges que certains font, j'ai envie d'utiliser mes sous du chômage pour acheter une corde et une poutre... Je vais y revenir...

Pour rester dans mon idée, je te disais que c'est donc un concentré de molécules actives. Un peu comme un médicament quoi. Et tu n'es sans doute pas sans savoir qu'un médicament peut-être super efficace sur une personne A et avoir de terribles effets secondaires sur une personne B (si tu ne connais pas, je te laisse prendre connaissance de ce qu'est un oedeme de Quincke). 
Autre exemple: les simples allergies alimentaires ou le fameux rhume des foins. Ils peuvent entraîner des réactions vraiment énormes et sont dus à... des molécules issues de produits naturels!
Quand tu respires/absorbe/applique sur ta peau des huiles essentielles, tu t'exposes (ou expose ton cheval adoré) à ces risques allergiques ou à des brûlures.

Concernant les huiles essentielles, les risques peuvent être de plusieurs sortes:
- le risque de photosensibilisation (brûlure grave de la peau lors d'une exposition au soleil après application de certaines huiles essentielles)
- les risques allergiques (allergies plus ou moins grave suite à l'application ou l'absorption d'huiles essentielles)
- le risque d'intoxication (absorption de doses trop importantes d'huiles essentielles)
- les "inversions d'effets" (exemple: une huile essentielle a un certain effet - baisse de la tension artérielle par exemple - mais prise à une certaine dose, elle va au contraire générer l'effet inverse, augmenter la tension artérielle)

Faut pas rigoler quoi... 

La première chose à faire, c'est donc de se renseigner en premier lieu en cherchant plusieurs sources (sites, livres) et en cas de doute, demander conseil à un pharmacien ou un spécialiste.

Tu crois qu'une fois cela fait, tu peux utiliser tes huiles essentielles en toute quiétude Lecteur?

Encore loupé!

Il y a quelques petites choses que tu dois savoir avant de te lancer...

1) Je vais répéter une énième fois ce que l'on lit sur pas mal de sites (mais qui rentre pas dans l'oreille de tout le monde vu que certains s'acharnent quand même): une huile essentielle NE SE MELANGE PAS A L'EAU!!! Tu auras beau secouer ton spray de toutes tes forces, ça ne se mélangera pas. Pour pouvoir mélanger tes HE et ton eau, tu vas devoir utiliser ce qu'on appelle un dispersant (pour ma part j'utilise du Solubol; il faut dans ce cas (pour une application cutanée) diluer la quantité d'huiles essentielles dans 4 fois leur volume de Solubol).

2) Il faut systématiquement tester les formules créées sur une petite zone avant de les utiliser plus largement. Si jamais on constate l'apparition de signes bizarres (poils hérissés, boutons, peau sèche ou n'importe quoi d'autre), on n'utilise surtout pas sa tambouille et on contacte son véto pour avoir un conseil.

3) Un petit mot au sujet de la conservation des huiles essentielles et des produits finis... Certaines HE se gardent très bien, à condition de rester dans leur petit flacon ambré, à l'abri du froid, de la chaleur, de l'humidité. Certaines huiles par contre s'oxydent vite. Idem pour les produits finis: les produits auront un temps de conservation très limité. Pour allonger cette durée de vie, on peut ajouter de la vitamine E dans les flacons d'HE et dans les préparations terminées ainsi que des conservateurs.

4) Pour réaliser les mélanges, il faut utiliser uniquement des bols en inox, en verre ou en céramique, des cuillères en bois ou en inox. Les produits finis doivent être stockés dans des flacons spécifiques. Les récipients utilisés doivent servir uniquement à l'usage des HE.

5) Les huiles essentielles s'utilisent toujours à faibles doses et sur des périodes courtes, par cures (3 semaines d'utilisations puis 2 à 3 semaines sans).

Bon, tu as bien lu et compris les points ci-dessus Lecteur? Tu te sens prêt à te lancer? Dans le prochain article, je t'expliquerai la logique avec laquelle on compose un produit et je te donnerai un "pas à pas" bien de saison... 



Mise sur la main, décontraction, tension toussa toussa

Si tu parcours régulièrement les forums équins Lecteur, tu t’apercevras rapidement (si ce n'est pas déjà fait) que certaines questions sont particulièrement redondantes... Je pense entre autre à cette fameuse question que tout cavalier a dû se poser un jour ou l'autre... Mais avant de l'aborder (hahaha suspens!!!), laisse moi d'abord te faire une brève introduction...

Comme de nombreux jeunes cavaliers (loin de moi l'idée de t'exclure toi, lecteur peut-être retraité, je parle de cavalier jeune question expérience... me faites pas dire c'que j'n'ai pas dit!), tu as sûrement bavé à un moment ou à un autre devant ce type d'image:

Peut-être même baves-tu encore (si c'est le cas fuis vite, très vite, car la suite ne va pas te plaire...). Tu as été admiratif et puis au fil du temps, tu as revu ton jugement... Tu as discuté, débattu, lu (ce livre notamment) et tu as fini par te dire que finalement, ba c'était peut-être pas l'idéal que tu souhaitais atteindre... Postérieurs à trois kilomètres des fesses, dos creux, chanfrein tout juste à la verticale alors qu'il s'agit visiblement d'un allongement du trot... Bref... En apparence, on a là un cheval bien soumis, qui nous présente un trot avec un geste spectaculaire. En réalité, on a un animal qui n'utilise pas du tout son corps de manière efficace et optimale... Un cheval "sur la main" à première vue et en réalité complètement plaqué de manière artificielle et contraint dans son attitude...

On en arrive à la fameuse question qui revient souvent sur les forums: "Slt, jvoulè savoar coman on mè son chwal sur la m1. A+. Bsx" (comprenez: "Bonjour, pourriez-vous m'indiquer, s'il vous plait, par quelle méthode miracle puis-je mettre mon cheval sur la main. J'ai mon galop 2, je fais du poney depuis 1 an. Vous remerciant par avance blablabla...") Dans 90% des cas, vous aurez INÉVITABLEMENT un c... quelqu'un... pour répondre: "Tro s1ple..." (ok ok j'arrête) "C'est facile: tu fais droite/gauche/droite/gauche avec tes mains et il va se placer tout seul lolilol." 

 <== Voila la tronche que je dois avoir quand je lis ça...

J'aime beaucoup la façon dont Bigo présente le placer: pour lui c'est le signe d'une disponibilité d'abord mentale puis physique du cheval. En gros, le cheval nous dit "Ok, je suis prêt à coopérer avec toi". Et ceci, ça nécessite évidemment de la décontraction (un animal stressé sera forcément plus dans la retenue, plus bloqué dans son geste et dans son mental) et de l'engagement (physique des postérieurs).

Disponibilité mentale + engagement des postérieurs
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Tension de la ligne du dessus
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Placer avec nuque comme point le plus haut
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Disponibilité physique

Alors effectivement, en cisaillant la bouche de la bestiole, en général, la dite bestiole finit par céder et "se placer" pour échapper au tiraillement sur sa bouche (pleine de bave de muqueuses trèèèèèès sensibles et d'une langue sensible aussi)... Ah ba oui il a un joli port de tête le poney avec son encolure bien arrondie... Mais en fait, dans cette configuration, on "prend", on ne "demande" pas. On prend le placer; on ne demande pas au cheval d'être disponible (en lui laissant la possibilité de nous répondre que ce n'est pas le cas). Le cheval n'est donc absolument pas disponible, il donne sous la contrainte. On aura donc aucun engagement "physique" (ni des postérieurs, ni de la ligne du dessus)... Donc un cheval qui n'utilise pas ses moyens physiques de manière optimale...

Alors pourquoi je te parle longuement de ça Lecteur? Et bien parce que, comme toi sans doute, j'ai cherché moi aussi un temps la recette miracle pour placer ma bestiole... Et tout ce que j'ai obtenu, c'est de l'incompréhension de sa part. J'avais laissé tomber l'idée, me disant que "ça viendrait quand ça viendrait".
Lundi, j'ai bossé Zou² sur un truc qui n'a rien à voir en apparence: incurvation/contre incurvation et agrandir/rétrécir le cercle. Avant ça, j'ai fait une bonne détente en recherchant l'engagement des postérieurs. Pour finir, j'ai voulu redemander quelques cessions de mâchoires (on avait bossé ça il y a quelques mois sans vraiment approfondir). Et quand j'ai bossé à nouveau l'incurvation, surprise! Une Zouzou qui se place d'elle-même en poussant avec les postérieurs dans un équilibre que je ne lui avais pas connu auparavant... Quelques foulées... Mais quelques foulées qui pour moi avaient vraiment le goût de la victoire. Celle d'avoir sû prendre mon temps, d'avoir su écouter et (j'espère) laissé la possibilité à Zou² de me dire "non! c'est trop tôt pour moi...". Quelques foulées de bonheur en somme...

A tous ceux qui recherchent la recette miracle du placer, j'ai dorénavant une réponse à faire: "patience, écoute, respect". 

Je n'ai pas la prétention d'avoir tout pigé au placer et à la biomécanique équine et peut-être que cette petite anecdote va faire sourire quelques cavaliers qui ne comprendront pas pourquoi cette séance m'a tellement marquée mais moi, en tous cas, j'ai été très fière de Zou² et de moi aussi... Un peu d'autosatisfaction, ça ne fait pas de mal :)

Pourquoi ça a fonctionné selon moi?
La détente était basée sur la recherche de l'engagement des postérieurs sous la masse. Puis je suis montée sur mes rênes progressivement (sans jamais "prendre" les rênes, toujours en les "demandant") pour finir sur des rênes ajustées. J'ai ensuite travaillé l'incurvation, aux deux mains et l'inversion des courbes. Le travail sur le cercle permet de travailler l'engagement des postérieurs (c'est tout bête mais le but est de retrouver sur le cercle les mêmes ressentis en terme d'engagement des postérieurs qu'en ligne droite; étant incurvé, l'exercice va solliciter beaucoup plus l'engagement du postérieur externe) tout en assouplissant l'ensemble de la ligne du dessus. La cession de mâchoire permet d'obtenir une décontraction de la mâchoire et par extension de la nuque et de toute la ligne du dessus. Résultat quand on reprend le travail sur le cercle en couplant tous les paramètres (engagement + décontraction), on obtient un placé "naturellement".

Bien évidemment, j'ai encore énormément de choses à apprendre sur la locomotion des chevaux. Cet article n'est pas exhaustif et j'espère encore découvrir beaucoup à ce sujet, découvertes dont je ne manquerais pas de vous faire part...