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dimanche 22 septembre 2013
samedi 31 août 2013
Tu veux un scoop??!!
Dans quelques minutes Lecteur tu repenseras au titre de cet article et tu auras honte pour moi de mon humour à deux francs cinquante... Attends juste de savoir de quoi ça va parler, tu seras pas déçu...
Hier et aujourd'hui, j'étais sur un forum de chwal assez connu (un petit coucou aux membres qui atterriront sur cet article depuis le forum :) ) et je suis intervenue sur deux discussions au sujet des pieds de deux loulous qui passent pieds nus. Bon je vais pas tout te faire en détail mais on a abordé notamment un point crucial du parage et pourtant souvent omis même par certains pros: la notion de "scoop"... Làààààààà... Tu la sens la honte monter en toi?
Je sais j'irai sûrement en enfer à force de faire des blagues pas drôles mais y'a pire...
Je t'avais prévenu...
Bref, on est pas là pour faire des claquettes alors revenons à nos moutons... Le scoop. Bien souvent quand on démarre dans le pied nu et si on a jamais eu de gourou d'ami quelqu'un pour nous expliquer "C koi 1 sc00p???" eh ba on sait pas ce que c'est (j'sais, j'ai un don inné pour la déduction et la logique...). Non sérieusement, quand on voit les parages que font certains "pros" et qui sont totalement WTF (WTF = "What the f*ck?" = "du grand n'importe quoi")
Ouate de... quoi??
ba on comprend pourquoi les proprios qui passent leurs chevaux pieds nus sont même pas au courant de l'existence du scoop...
[Petit aparté: savais-tu que chez Google Translate le "scoop" est une "pelle" (?); chez Mediadico, c'est une "curette" (??) ou encore une "cuillère à glace" (???????????)... J'imagine que c'est en rapport avec la forme en creux que prend le scoop une fois fini mais bon...]
Trêve de plaisanterie... Le scoop c'est un des éléments clés du parage. C'est ce qui va permettre une bonne distribution des forces exercées dans le pied lorsque celui-ci est en mouvement. Un petit schéma est souvent plus parlant qu'un long discours alors schématisons:
A droite, nous avons un pied paré pour la ferrure, c'est à dire avec une paroi bien plate ceci afin de faciliter l'adhésion du fer au pied. A gauche, nous avons un pied destiné à rester nu et pour lequel le scoop (le creux) est nécessaire.
Voila un pied nu en mouvement. A gauche, le pied lors de la phase de suspension de la foulée. On distingue bien le scoop. A droite, le pied lors de la phase d'appui de la foulée, lorsque la charge est maximale (tu sais, comme quand ce f*cking canasson cet adorable dadounou d'amouuuuuuur te marche sur le pied en s'appuyant de tout son poids...). Que se passe-t-il? Le scoop va en quelque sorte s'écraser pour permettre au pied de se déformer vers l'avant et l'arrière. En gris, c'est le pied "au repos" avec son scoop. On voit bien comme la paroi s'allonge vers l'avant en pince et vers l'arrière en talon.
Sans ce scoop, que se passe-t-il? La paroi plate du pied va empêcher cette déformation. La pince va peu ou pas bouger vers l'avant; idem en talons. Les ondes de choc vont être directement envoyées vers le haut du pied pour se répercuter dans les articulations.
Un bon scoop au contraire va balancer une partie de l'onde de choc vers l'avant et l'arrière du pied. Ces forces seront ensuite éliminées par le mouvement de dilatation de la paroi (vers l'avant, l'arrière, les côtés, partout... on retrouve le fameux principe de création des évasements détaillés dans cet article).
Le scoop est naturellement présent sur la plupart des pieds, parfois tout petit certes mais présent quand même. Comment le trouver?
Sur le papier, comme ça:
Il se situe dans la zone entre le milieu de la fourchette et son apex. Tout simplement.
En pratique, c'est pas aussi simple. On ne creuse surtout pas de force un scoop entre le milieu de la fourchette et son apex parce que "c'est là que ça doit être". On commence par dégager la ligne blanche sur tout le tour du pied pour trouver la ligne blanche saine. Il y a un endroit où on va voir qu'il faut "creuser" un peu plus pour mettre à jour la ligne blanche saine (ce qu'on va faire). Ensuite, on va abaisser la paroi à hauteur de la ligne blanche sur tout le tour du pied et naturellement on va donc voir apparaître une zone de paroi légèrement plus basse que le reste (là où la ligne blanche est plus basse). C'est notre scoop!
Ce scoop sera sûrement faible au début et puis au fur et à mesure des parages, lorsque le pied travaille dans le bon sens, on le verra se dessiner de mieux en mieux jusqu'à devenir évident lors des parages.
vendredi 16 août 2013
jeudi 15 août 2013
Préparer son parage: exemples d'étude d'équilibre des pieds
Suite à mon article précédent, voici quatre exemples d’interprétation d'équilibre des pieds avant parage.
Antérieur droit:
Antérieur droit:
On voit que les trois tronçons de l'axe longitudinal ne sont pas de la même longueur. En regardant de plus près, on s’aperçoit que c'est parce que la fourchette est trop longue (si on suit les lignes de la fourchette "idéale", on voit bien qu'il faut en retailler un bon bout).
En regardant P3 (ligne en pointillés), on voit que la pied est un peu trop allongé (trop "ovale") alors que la forme de la boîte cornée devrait se calquer sur la forme de la phalange: le pied à poussé vers la pince (selon le principe expliqué dans l'article précédent, lorsque l'on ne pare pas le pied). On note d'ailleurs un petit dédoublement de la paroi en pince (à gauche de l'axe longitudinal). Ces deux points vont s'améliorer lorsque l'on va traiter les évasements et le roll: on supprimera le dédoublement de paroi et on va supprimer le surplus de paroi en pince, le pied retrouvera une forme plus ronde, plus équilibrée.
La forme un peu carrée du pied en quartier à gauche sur la photo ne se verra plus lorsqu'on aura retouché la paroi pour la rendre bien régulière, il y a en fait un surplus de paroi en quartier à droite (et quand on regarde le pied posé de face on voit qu'il y a effectivement un évasement à cet endroit).
Si on regarde la largeur du pied on constate que la partie gauche sur la photo (en interne) est moins développée que la partie droite (en externe). Selon moi, ça correspond à la barre couchée qu'il y a en externe. En fait, mon cas est un peu particulier car ma jument a une espèce de "surcouche" de paroi à cet endroit suite à une blessure quand elle était pouliche qui a touché le bourrelet périoplique. Ca n'a pas créé une seime car il n'y a pas de fente dans la paroi mais plutôt une espèce de surépaisseur de corne... Bref, c'est une zone un peu fragile que je surveille attentivement. Le cartilage doit être un peu faiblard à cet endroit-là ce qui a généré la barre couchée. Avec de l'exercice et des parages adaptés, je pense que ça va finir par aller mieux même si j'ai bien conscience que ce ne sera jamais parfait.
Les barres sont trop hautes mais suivent le bon axe. Il suffira de les abaisser au parage et ce sera nickel.
Sinon, on constate que les talons pourraient gagner en écartement (le glôme interne est plus contracté que le glôme externe d'ailleurs), ce qui sera apporté progressivement par les parages.
Antérieur gauche:
Premier constat flagrant: les talons et les barres sont trop hauts. Néanmoins, ces dernières suivent le bon axe donc il suffira de les abaisser pour trouver des barres correctes.
Comme pour l'autre antérieur, on a un pied un peu trop allongé, avec un surplus de paroi en pince.
La fourchette est trop longue et trop épaisse: les tissus morts on formé une sorte de "cale" dure qui empêche la fourchette vivante d'être correctement irriguée. On voit cette activité ralentie de la fourchette aux talons un peu serrés et au "surplus" de matière morte au niveau de la lacune centrale qui n'arrive pas à s'évacuer. Au parage, il faudra dégager cette lacune pour éviter la pourriture de fourchette.
Globalement, le pied est assez sain et nécessite juste un gros nettoyage pour exfolier la sole de toute la matière morte. Il n'y a pas de gros évasement ni de dédoublement de la paroi.
Le glôme externe est un peu plus gonflé que le droit mais c'est là où est sorti l'abcès qu'elle a eu donc je ne sais pas si c'est un élément à vraiment prendre en compte (à surveiller d'ici le prochain parage).
Postérieur droit:
Globalement le pied est sain et correct mais beaucoup trop haut en paroi et au niveau des talons et des barres. Par contre, les grands axes (barres, fourchette) sont respectés ce qui est positif. Il suffira de descendre tout ce qui est trop haut pour trouver un pied correct.
Il est un peu long en pince (attention toutefois car les postérieurs sont toujours un peu moins ronds que les antérieurs).
La fourchette est saine; juste la lacune centrale à nettoyer et la matière morte à supprimer.
Les talons sont bien ouverts ce qui est très positifs (si seulement je pouvais avoir les mêmes aux antérieurs!!!).
Il y a un petit évasement en haut du quartier interne (à gauche sur la photo) à corriger (la jument est panarde des postérieurs ce qui explique cet évasement).
En gros on a juste un bon travail de nettoyage à faire.
Postérieur gauche:
(Ne pas tenir compte de l'espèce de truc noir à droite sur la photo, c'est l'ombre de la queue de Zouzou)
Comme pour l'autre postérieur, les angles sont corrects. Un peu de pince à tomber car un peu longue à l'avant mais rien de grave. Une fois l'ensemble des structures abaissé, on aura un pied assez correct (voir très correct).
La fourchette est à nettoyer un peu et la sole à exfolier.
On retrouve l'évasement en interne (à droite sur la photo) dû à la "panarditude" de la grosse.
Les talons sont bien ouverts.
Là aussi c'est juste un bon gros boulot de nettoyage à faire mais rien à toucher de particulier.
Voila quatre exemples d'étude de pieds qui aident un peu à comprendre comment se servir des repères expliqués dans le précédent article. Pour tout te dire, Lecteur, on a traité aujourd'hui les antérieurs avec mon homme et ma foi, je dois dire qu'à nous deux on a fait, je pense, un bon boulot (un peu d'autosatisfaction ne fait pas de mal). Evidemment, on avait oublié l'appareil photo (ça tombe bien car j'ai le roll de l'antérieur droit à finir... qui a dit que la morue était pas patiente déjà?...) donc je n'ai pas d'images à te fournir mais on essaiera d'en faire demain des quatre pieds et je ferai un petit comparatif avant/après parage pour que tu puisses juger du boulot accompli.
Préparer son parage: l'équilibre du pied
Chose promise, chose due... Le voici, le voila: THE article tant attendu au sujet de l'équilibre du pied.
Ca a été long à préparer tout ça... Mais je voulais vraiment faire un truc sympa. On trouve déjà pas beaucoup de sites en français qui expliquent un peu ce genre de truc et souvent c'est pas super clair ni très bien fait, avec peu d'images (oui je suis comme les enfants, il me faut des petits dessins pour ponctuer agréablement la lecture)... Bon si ça se trouve moi aussi ça va être pourri et j'aurai l'impression d'avoir fait quelque chose d'exceptionnel mais voila justement j'aurai l'impression d'avoir fait un truc exceptionnel donc je serai forcément contente de moi à la fin (il m'en faut peu ^^)...
Une petite note "juridique" pour toi, Lecteur qui trouverait ça tellement bien que tu aurais dans l'idée de me piquer mes images: tout est fait de mes petites mimines et avec des photos des pieds de ma jument. Je te remercie donc de ne pas réutiliser ces images sans mon accord :)
Sur ce *roulement de tambour* c'est parti!!!
Déjà, commençons par la base... Pourquoi doit-on parer régulièrement un cheval?
Le pied du cheval pousse de manière continue en moyenne d'1cm tous les mois. Dans la nature, le cheval use naturellement ses pieds car il parcourt plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour pour répondre à ses besoins primaires (se nourrir et s'abreuver principalement), souvent sur des terrains abrasifs et/ou durs (rocailleux, caillouteux, sableux). Du coup, c'est topissime parce que ça va "travailler" le pied et lui donner une forme particulière adaptée au terrain sur lequel évolue le cheval. Un mustang américain parcourant des étendues rocailleuses n'aura pas les mêmes pieds qu'un cheval sauvage vivant dans le désert de Namibie (terrain sableux). L'environnement forge le pied du cheval. Le mustang aura un petit pied rond et compact avec une sole concave (=en forme de "bol renversé"), bien dur et solide lui permettant d'encaisser les chocs généré par un déplacement sur la rocaille. Un cheval de Namibie aura des pieds plats et larges presque "palmés", offrant une large surface portante et permettant un déplacement plus rapide et moins fatigant dans le sable parfois profond du désert.
On le voit aussi chez notre cheval domestique: un cheval qui vit dans les vertes prairies normandes aura des pieds plus plats, avec des barres plus présentes (pour accrocher dans les terrains humides) qu'un cheval qui vit sur les terrains très secs du Vaucluse. Et les pieds de ce cheval-là seront encore très différents des pieds du cheval qui vit dans les montagnes Corses... A chaque terrain son type de pied.
C'est ça qui est fascinant dans le pied du cheval... Cette capacité d'adaptation et de réaction à chaque stimulus. Pour peu que l'on sache l'entendre, le pied parle beaucoup. Il réagit à chaque changement (parage, alimentation, conditions de vie, traumatisme, maladie...) et nous guide dans le travail à réaliser avec notre cheval. Pour ma part, quand j'ai un doute sur un changement que j'ai fait, j'étudie toujours les pieds de a jument... On voit assez rapidement si on a bien fait de modifier l'alimentation, si le pré convient, s'il faut augmenter ou diminuer les rations... Faire du pieds nus, ce n'est pas seulement parer un pied. C'est une approche holistique (c'est à dire globale) de gestion du cheval. C'est voir le pied non pas comme un des éléments de gestion mais plutôt comme une finalité: un pied sera beau et performant si l'environnement (tout ce que nous offrons à notre cheval: parage, nourriture, conditions de vie...) est bon.
Je t'entends d'ici me dire que si l'ami cheval est capable de s'auto-parer dans la nature pour s'adapter au sol sur lequel il évolue alors pourquoi devrait-on faire ce que la nature fait si bien toute seule?
En captivité, le pied du cheval peut difficilement s'user seul: les terrains sont souvent trop mous et le cheval ne parcourt pas assez de kilomètres pour ça et puis son alimentation est moins diversifiée et surtout, le plus souvent il doit fournir un travail incluant un cavalier sur le dos ou un attelage à tirer (dans tous les cas une "charge" supplémentaire) ce qui nécessite un pied le plus optimal possible, apte à gérer ces conditions de vie différentes. Voila un petit schéma pour mieux comprendre ce qu'il va se passer:
Ca, c'est un pied sain. Les phalanges (P1, P2 et P3) sont correctement alignées. La boite cornée (le sabot) suit la forme de P3. C'est très important car P3 est une phalange "suspendue" dans le sabot; elle est soutenue par les différents tissus et éléments du pied mais ne s'appuie sur aucune structure. La paroi (en brun) et la lamina (= tissus internes du pied ou chair feuilletée en rose foncé) sont solidaires comme le montre la jonction entre la paroi et la lamina (rose pâle) qui est de la même épaisseur partout. Les tissus sont donc tous bien compacts et assurent un bon maintient de P3.
Voyons maintenant ce qu'il se passe si on laisse la nature "parer" notre pied:
Les flèches représentent les différentes forces exercées sur le pied. En bleu, ce sont les forces qu'on va appeler "inévitables": c'est la pression exercée par le sol (flèche du bas) et la pression induite par la pousse de la corne (flèche le long du sabot). Sous l'effet de ces pressions inévitables, si on ne fait pas de parage, on va voir apparaître un premier phénomène qui sera un décollement de la paroi (flèche rouge qui part de la paroi) ce qui va avoir pour effet de distendre les tissus à la jonction paroi/lamina. Ces tissus étant étirés, P3 n'est plus soutenue correctement. Petit à petit, les talons vont devenir fuyants c'est à dire se "replier" sous le pied. Les différentes structures du pied vont progressivement avoir du mal à jouer leur rôle de soutien. On aura alors une descente de P3 dans la boîte cornée (flèche rouge vers le bas). P3 va venir appuyer sur la sole, créant ainsi une pression sur celle-ci. A terme, si on laisse ceci se poursuivre, on verra le pied rentrer dans un circuit de fourbure avec une bascule de P3. D'où l'importance d'un parage régulier et correct.
Néanmoins, le pied du cheval sait ce qu'il lui faut. Notre rôle de pareur va donc être seulement de l'aider dans ce sens. D'ailleurs, on voit bien dans le cas de certaines maladies comme le pied va réagir positivement dès qu'on va apporter au cheval ce qu'il faut pour aller dans le bon sens. Par exemple quand j'ai eu droit à la grosse pourriture de fourchette, dès que j'ai commencé à remettre le pied à plat en descendant les talons et en dégageant bien le pied au niveau de la sole et de la fourchette, comme par hasard le pied est allé mieux en quelques semaines... et à l'arrivée de la bonne herbe rebelote! guérison du pied...
En captivité, le pied du cheval peut difficilement s'user seul: les terrains sont souvent trop mous et le cheval ne parcourt pas assez de kilomètres pour ça et puis son alimentation est moins diversifiée et surtout, le plus souvent il doit fournir un travail incluant un cavalier sur le dos ou un attelage à tirer (dans tous les cas une "charge" supplémentaire) ce qui nécessite un pied le plus optimal possible, apte à gérer ces conditions de vie différentes. Voila un petit schéma pour mieux comprendre ce qu'il va se passer:
Ca, c'est un pied sain. Les phalanges (P1, P2 et P3) sont correctement alignées. La boite cornée (le sabot) suit la forme de P3. C'est très important car P3 est une phalange "suspendue" dans le sabot; elle est soutenue par les différents tissus et éléments du pied mais ne s'appuie sur aucune structure. La paroi (en brun) et la lamina (= tissus internes du pied ou chair feuilletée en rose foncé) sont solidaires comme le montre la jonction entre la paroi et la lamina (rose pâle) qui est de la même épaisseur partout. Les tissus sont donc tous bien compacts et assurent un bon maintient de P3.
Voyons maintenant ce qu'il se passe si on laisse la nature "parer" notre pied:
Les flèches représentent les différentes forces exercées sur le pied. En bleu, ce sont les forces qu'on va appeler "inévitables": c'est la pression exercée par le sol (flèche du bas) et la pression induite par la pousse de la corne (flèche le long du sabot). Sous l'effet de ces pressions inévitables, si on ne fait pas de parage, on va voir apparaître un premier phénomène qui sera un décollement de la paroi (flèche rouge qui part de la paroi) ce qui va avoir pour effet de distendre les tissus à la jonction paroi/lamina. Ces tissus étant étirés, P3 n'est plus soutenue correctement. Petit à petit, les talons vont devenir fuyants c'est à dire se "replier" sous le pied. Les différentes structures du pied vont progressivement avoir du mal à jouer leur rôle de soutien. On aura alors une descente de P3 dans la boîte cornée (flèche rouge vers le bas). P3 va venir appuyer sur la sole, créant ainsi une pression sur celle-ci. A terme, si on laisse ceci se poursuivre, on verra le pied rentrer dans un circuit de fourbure avec une bascule de P3. D'où l'importance d'un parage régulier et correct.
Néanmoins, le pied du cheval sait ce qu'il lui faut. Notre rôle de pareur va donc être seulement de l'aider dans ce sens. D'ailleurs, on voit bien dans le cas de certaines maladies comme le pied va réagir positivement dès qu'on va apporter au cheval ce qu'il faut pour aller dans le bon sens. Par exemple quand j'ai eu droit à la grosse pourriture de fourchette, dès que j'ai commencé à remettre le pied à plat en descendant les talons et en dégageant bien le pied au niveau de la sole et de la fourchette, comme par hasard le pied est allé mieux en quelques semaines... et à l'arrivée de la bonne herbe rebelote! guérison du pied...
Donc nous finalement on va essayer d'apporter ce dont le pied a besoin tout en essayant de lui donner une forme équilibrée qui permettra au cheval de gérer son "activité" de travail... C'est pourquoi l'étude de l'équilibre des pieds est important lorsque l'on pare...
C'est bien mignon tout ça mais... comment savoir si notre pied est équilibré? C'est simple: on va "marquer" notre pied à l'aide de repères:
C'est bien mignon tout ça mais... comment savoir si notre pied est équilibré? C'est simple: on va "marquer" notre pied à l'aide de repères:
On commence par tracer les trois axes principaux:
- l'axe longitudinal (A) qui passe par le milieu de la lacune centrale de la fourchette et son apex;
- l'axe transversal (B) qui passe par le point le plus large du pied et coupe l'axe A à 90°;
- l'axe C qui coupe A à 90° en passant par le milieu de la distance qu'il y a entre l'apex de la fourchette (2) et le point de jonction de la ligne blanche et la paroi (4), cela nous donne la zone de pince (D);
- les deux axes coupant l'axe C à 90° et passant le "seat of corne" c'est à dire la zone de sole se trouvant juste devant les talons.
Ensuite on place des repères sur la fourchette:
- le milieu de la fourchette sur l'axe A (1);
- l'axe longitudinal (A) qui passe par le milieu de la lacune centrale de la fourchette et son apex;
- l'axe transversal (B) qui passe par le point le plus large du pied et coupe l'axe A à 90°;
- l'axe C qui coupe A à 90° en passant par le milieu de la distance qu'il y a entre l'apex de la fourchette (2) et le point de jonction de la ligne blanche et la paroi (4), cela nous donne la zone de pince (D);
- les deux axes coupant l'axe C à 90° et passant le "seat of corne" c'est à dire la zone de sole se trouvant juste devant les talons.
Ensuite on place des repères sur la fourchette:
- le milieu de la fourchette sur l'axe A (1);
- le point de croisement entre l'axe A et la ligne des talons (b);
- l'axe correspondant à la ligne des glomes (a);
- l'axe passant par le "seat of corne".
- la délimitation de la fourchette en traçant deux lignes reliant les bords de la fourchette à son apex;
- l'angle des barres en reliant le "seat of corne" à l'apex de la fourchette, les barres devant normalement se terminer à hauteur du milieu de la fourchette.
"Découper" le pied de cette façon permet de mieux voir où se situent les asymétries et ainsi de voir quelles sont les structures à travailler pour aider le pied à se rééquilibrer en travaillant dans le bon sens.
Dans l'article suivant, je vous propose de découvrir des exemples commentés des pieds de ma jument.
- l'axe correspondant à la ligne des glomes (a);
- l'axe passant par le "seat of corne".
- la délimitation de la fourchette en traçant deux lignes reliant les bords de la fourchette à son apex;
- l'angle des barres en reliant le "seat of corne" à l'apex de la fourchette, les barres devant normalement se terminer à hauteur du milieu de la fourchette.
"Découper" le pied de cette façon permet de mieux voir où se situent les asymétries et ainsi de voir quelles sont les structures à travailler pour aider le pied à se rééquilibrer en travaillant dans le bon sens.
Dans l'article suivant, je vous propose de découvrir des exemples commentés des pieds de ma jument.
mardi 23 juillet 2013
Quelques mots de présentation au sujet du parage
Il me semble, Lecteur, que je n'ai pas encore abordé la thématique du parage dans ce blog... Voila c'est chose faite; allez, à plus!
...
Alors déjà, chose importante: j'entretiens les pieds de ma jument entièrement seule. Mon pareur m'a expliqué une fois le maniement des outils de base et puis... j'ai lu. Beaucoup lu...
Je gère seule mais ça n'a pas toujours été le cas... Avant, je laissais ça à différents pareurs. Et puis, il y a eu la pourriture de fourchette qui a commencé en 2011 et qui n'a fait qu'empirer pendant un an alors que les pieds étaient suivis par une pareuse diplômée. A partir de là, armée de ma râpe et de mes rénettes, j'ai repris les pieds en main (hahaha!!) et après un an d'acharnement, j'ai enfin récupéré des pieds dans un état potable...
Pour la méthode utilisée, je ne suis ni Strasser (trop rigide), ni LaPierre (trop "laxiste")... Au départ, je connaissais uniquement ces deux méthodes-là. Maintenant, je sais que ma façon de gérer les pieds se rapproche des méthodes de Jackson et de Ramey. En gros, voila les différentes étapes de mon parage:
- Abaisser la fourchette en enlevant les double-fourchettes;
- Dégager la ligne blanche à la rénette pour trouver ma hauteur de sole vive;
- Abaisser ma paroi de manière à la mettre juste au dessus de la fourchette (2mm en apex, 1mm en milieu de fourchette) et à la même hauteur que la sole;
- Faire mon scoop en suivant la forme naturelle du pied;
- Corriger mes évasements par dessus le pied;
- Dégager ma sole de toute la sole morte;
- Corriger mes barres et ma sole si besoin.
Pour info, pour ma part, ce qui a marché pour la pourriture de fourchette, c'est un mélange de bouillie bordelaise et de vaseline appliqué tous les jours sur le pied propre couplé à des parages hyper réguliers avec des talons bien bas pour "obliger" la jument à poser son pied en talon donc à solliciter les fourchettes et donc à faciliter le processus de régénération du pied. Mais même comme ça, il m'a fallu un an pour récupérer mes pieds (il faut presque un an pour que la boîte cornée se renouvelle entièrement).
Au fur et à mesure des parages, je découvre de nouvelles choses. Dans les prochains articles "Parage", je vous ferai part de ces éléments qui peuvent servir à d'autres.
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